Microbiome et fibrose Intestinale 2014 - 2015

microbiome

100 000 € investis sur 2 ans

L'évolution vers la fibrose est une complication sérieuse des MICI car, obstruant le conduit digestif, elle conduit le plus souvent à des chirurgies répétées altérant la qualité de vie des malades. Si chez un sujet sain, les bactéries intestinales vivent en harmonie, elles peuvent, dans le cadre des MICI provoquer une activation de la réponse immunitaire entrainant à plus ou moins longue échéance la formation de fibrose. Ce travail a pour objectif de déterminer comment les bactéries influencent la formation de ce tissu cicatriciel, et d'ouvrir la porte au développement de nouveaux traitements...

Les Maladies Inflammatoires Chroniques de l'Intestin (MICI) sont la conséquence d'une inflammation au long cours de l'intestin entrainant un certain nombre de symptômes comme des douleurs abdominales, de la diarrhée et du sang dans les selles. Au cours du temps, le risque de complication vers une fibrose intestinale augmente (intestin fibreux, formation de tissus cicatriciel).
Cette évolution vers la fibrose doit être particulièrement surveillée car elle peut obstruer le passage du bol alimentaire dans l'intestin (occlusion), rendant souvent nécessaire un recours à la chirurgie. Dans ce cas, la partie fibrosée sera enlevée. Les malades restent néanmoins exposés à une récidive et sont donc confrontés à la nécessité de subir de multiples chirurgies altérant leur qualité de vie.

Un défaut de fonctionnement de l'interaction de nos gènes avec l'environnement est à l'origine des MICI. Des millions de bactéries vivent dans notre intestin. Dans un intestin sain, ces bactéries sont contrôlées et utiles. Dans le cadre des MICI, ces bactéries vont provoquer une activation des cellules immunitaires responsables d'inflammation, de lésions de la paroi intestinale, de « réparations » excessives, et de la formation de tissu cicatriciel. Notre corps peut détecter la présence de bactéries par un certain nombre de récepteurs qui sont des « antennes ». Parmi ceux-ci, les récepteurs Toll-like ou Nod-like sont des détecteurs bactériens dont la présence est significative en cas de dérégulation de la réponse vis-à-vis de l'environnement et des bactéries chez les malades atteints de MICI.

Nous ignorons cependant comment les bactéries peuvent influencer la survenue de complications comme la formation de tissu cicatriciel. L'objectif de ce travail est de montrer que les cellules mésenchymateuses, principales responsables de la formation de tissu cicatriciel dans l'intestin, sont non seulement porteuses de récepteurs de détection bactérienne, mais répondent également à un fragment ou à la totalité de bactéries en provoquant la formation de fibrose.

Avec cette 1ère bourse, l'équipe de Cleveland lauréate essayera de comprendre avec exactitude comment les cellules mésenchymateuses détectent les bactéries, comment elles y répondent et enfin les mécanismes conduisant à la formation de fibrose dans l'intestin. Ce travail sera effectué à la fois sur des cellules humaines provenant de malades atteints de MICI et de sujets bien portants, ainsi que sur un modèle expérimental animal (chez la souris) de fibrose intestinale. Ce modèle animal, issus des dernières avancées technologiques, permettra de contrôler un type de cellules spécifiques à tout moment de la vie de la souris, et de modifier la manière dont les cellules mésenchymateuses détectent les bactéries.

Au-delà, ce travail permettra d'obtenir des informations, à savoir si et comment les bactéries influencent la formation de tissu cicatriciel, ouvrant la porte au développement de nouveaux traitements. En agissant sur les types de bactéries vivant dans notre intestin nous pourrions être capables dans le futur de contrôler ou traiter la formation de fibrose dans les MICI.

 

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