D'où viennent les MICI ?


L'origine des Maladie Inflammatoires Chronique de l'Intestin (MICI) reste mal connue. Elles seraient liées à une dérégulation de la réaction immunitaire muqueuse vis-à-vis d'une flore intestinale déséquilibrée sous influence de facteurs environnementaux et génétique.

Où en est-on des connaissances sur ces facteurs environnementaux ?

  • Le tabac : c'est clairement un facteur de risque pour la maladie de Crohn : il multiplie par 2 le risque de développer la maladie, et en aggrave l'évolution. Son sevrage un effet bénéfique sur l'évolution de la maladie ; Paradoxalement, il a un effet protecteur pour la rectocolite hémorragique avec 2,5 fois moins de risque de développer la maladie et en minorant l'étendue et la gravité des lésions.
  • L'appendicectomie a aussi des effets opposés en protégeant de la rectocolite hémorragique et en semblant augmenter le risque de maladie de Crohn. Ce dernier point est moins clair l'appendicite pouvant n'être que la forme d'entrée dans la maladie.
  • Les contraceptifs oraux : semblent avoir un rôle en augmentant modérément le risque de développer une MICI. Cet état de fait a disparu avec l'arrivée des contraceptifs faiblement dosés.
  • Les anti-inflammatoires non stéroïdiens : Ils augmentent le risque, la précocité et le nombre de rechutes que s'ils sont pris régulièrement sur des longues périodes.
  • Les vaccins : Si ceux contre la rougeole et le BCG ont été incriminés, ils ont été disculpés par d'autres études.
  • La prise d'antibiotiques : notamment dans la petite enfance est associée à un risque de MICI mais est-ce lié à la prise d'antibiotique ou à l'infection en générant la prescription ?
  • L'allaitement : action controversée
  • Les diarrhées infectieuses périnatales : action controversée
  • Le stress : ne semble pas déclencher une maladie mais pourrait être associé à un sur-risque de poussée une fois la maladie établie.
  • L'alimentation : La consommation d'acides gras oméga-3 et de fibres alimentaires contenues dans les fruits et les légumes (pas les céréales) aurait un effet protecteur pour la maladie de Crohn. Certaines études montrent une alimentation riche en proteines, graisses animales et acides gras oméga-6 lors du début de la maladie.
  • La lumière du soleil : une faible exposition corrélée à un faible taux de vitamine D pourraient contribuer à la genèse de la maladie.
  • L'hygiène : semble être un facteur de risque...le fait de vivre dans un environnement de plus en plus propre avec une diminution de l'exposition aux pathogènes intestinaux ne stimulerait pas suffisamment notre système immunitaire.
  • Les agents infectieux : certaines bactéries, comme le Mycobacterium avium paratuberculosis ou l'Escherichia coli adhérent et invasif, ont été retrouvées de manière plus fréquentes chez les malades atteints de maladie de Crohn.
  • La pollution atmosphérique : Il a été montré un risque plus élevé de développer la maladie chez des enfants vivant dans des régions exposées à la pollution atmosphérique, et un nombre plus important d'hospitalisation pour MICI.

A ce jour, seuls le tabac et l'appendicectomie sont les seuls facteurs environnementaux clairement établis.

Identifier un facteur environnemental est long, couteux et difficile. En effet, l'exposition peut être chronique et tout le monde ne développe pas de maladie d'où la notion de susceptibilité individuelle. Ces études impliquent de nombreux corps de métiers : épidémiologistes, environnementalistes, chimistes, biologistes...

Enfin, vérifier l'hypothèse d 'une relation entre l'exposition à un facteur de risque et la survenue de la maladie nécessite des techniques interventionnelles lourdes en population :

  • Etude de cohorte : Les personnes sont sélectionnées en fonction de l'exposition au facteur étudié (exposés / non exposés). Elles seront suivies jusqu'à l'apparition de la maladie. La fréquence de la maladie est mesurée dans chaque groupe que l'on compare à l'autre sous forme de résultat relatif appelé risque relatif.
  • Etude cas-témoins : Le raisonnement est inverse : la sélection des sujets se fait en fonction de la maladie (cas) ou non (témoins). On recherche alors de manière rétrospective l'absence ou la présence du facteur d'exposition étudié. La fréquence de ce facteur d'exposition est mesurée dans chaque groupe que l'on compare à l'autre sous forme de résultat relatif appelé odds ratio.

De nombreuses études sont en cours dans le monde notamment dans la région couverte par EPIMAD avec le soutien de DigestScience.

Références :

En ligne sur : www.larevuedupraticien.fr
Par : Mathurin Fumery, Luc Dauchet, Cécile Vignal, Corinne Gower Rousseau

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