Histoire naturelle de la Maladie de Crohn avant et après 70 ans

La survenue d'une maladie de Crohn après 70 ans : un évènement rare et une évolution clinique souvent favorable.

La maladie de Crohn (MC) du sujet âgé (>60 ans au diagnostic) semble avoir une évolution plus modérée. L’objectif de cette étude était de comparer l’histoire naturelle de la MC diagnostiquée après 70 ans (>70 ans) à celle des patients diagnostiqués entre 60 et 70 ans (<70 ans) à partir du registre en population général EPIMAD.

Méthodes :

Trois cent soixante-dix patients de plus 60 ans au diagnostic entre janvier 1988 et décembre 2006 ont été identifiés. Parmi eux, 188 (63%) avaient plus de 70 ans au diagnostic. Les caractéristiques cliniques au diagnostic, l’histoire naturelle, le taux de chirurgie et l’exposition aux traitements ont été recueillis à partir d’un suivi médian de 4.5 ans [1.1;8.3] pour le groupe > 70 ans et 7.8 ans [3.3;12.1] pour le groupe < 70 ans.

Résultats :

L’incidence de la MC chez les patients diagnostiqués après 70 ans était de 2.3/105 habitants. La proportion d'hommes était plus faible dans le groupe > 70 ans (31% vs 45%, p = 0,006). La présentation clinique (douleurs abdominales, diarrhées, rectorragies, perte de poids) au diagnostic, ainsi que le taux d’atteinte anopérinéale et de manifestations extra-intestinales étaient comparables dans les deux groupes. La localisation colique pure (L2) était la plus fréquente chez les patients > 70 ans à la fois au diagnostic (73% vs 57%, p = 0.004) et au terme du suivi (70% vs 47%, p <0,0001). L'extension de la maladie (à partir de L1 ou L2, vers L3) était moins fréquente chez les patients > 70 ans (7% à 15%, p = 0,03). Le phénotype le plus fréquent était inflammatoire (B1) dans les deux groupes à la fois au diagnostic (75% vs 80%, p = 0,43) et au terme du suivi (69 vs 70%, p = 0,55). Il n’existait pas de différence significative chez les patients > 70 ans par rapport à ceux entre 60 et 70 ans en ce qui concerne l’exposition aux traitements par 5ASA (71% vs 76%, p = 0,27), aux corticoïdes oraux (39% vs 45%, p = 0,86), et aux anti-TNF (4% vs 7%, p = 0,63). Cependant, l'utilisation des immunosuppresseurs était significativement moins fréquente chez les patients > 70 ans (12% vs 25%, p <0,001). Le risque de chirurgie était similaire dans les deux groupes (29% vs 28% p = 0,35). La présence de manifestations extra-intestinales au diagnostic était associée significativement à l’évolution vers un phénotype compliqué (B2 ou B3) (HR=2.7 [1.0; 7.0], p=0.045) et aux traitements immunosuppresseurs (HR=2.9 [1.4; 6.0], p=0.006).

Conclusion:

L’histoire naturelle de la MC chez les patients âgés diagnostiqués après 70 ans semble être plus modérée. L'exposition aux immunosuppresseurs et aux biothérapies est faible chez ces patients en comparaison aux patients diagnostiqués entre 60 et 70 ans avec un taux de chirurgie comparable.

 

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