Les prébiotiques sont inefficaces pour le traitement de la maladie de Crohn :

Actualités Nutrition

les résultats d’un essai clinique en double aveugle contre placebo.

Les Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin (MICI), et notamment la maladie de Crohn, se caractérisent par une attaque non contrôlée du système immunitaire contre les bactéries commensales de l’intestin qui, en situation normale, sont totalement tolérées. Au cours de la maladie de Crohn, il est également régulièrement observé une altération de la composition de cette flore intestinale, un phénomène connu sous le nom de dysbiose. Au cours de ce phénomène, la concentration de bactéries aux actions bénéfiques pour l’homéostasie intestinale (telles que les bifidobactéries) vont diminuer, laissant place à des espèces bactériennes moins favorables pour l’organisme.

Les prébiotiques se définissent comme des composés alimentaires (des sucres) non digestibles et fermentescibles qui affectent l’organisme de façon bénéfique en stimulant de manière sélective la croissance et/ou l’activité d’une ou plusieurs espèces bactériennes dans le colon. Les prébiotiques naturels les plus fréquemment rencontrés dans l’alimentation sont des polymères de fructose connus sous le nom d’inuline et de fructo-oligosaccharides (FOS). Chez des individus sains, il a été démontré que ces prébiotiques sont capables d’augmenter la concentration des bactéries bénéfiques pour l’homme, notamment les bifidobactéries. C’est à partir de ces observations qu’une équipe de chercheurs anglais a voulu tester l’impact des FOS chez des patients atteints de maladie de Crohn dans l’espoir de rétablir l’homéostasie intestinale perdue chez ces patients (via une modulation des bifidobactéries) et d’obtenir ainsi des bénéfices cliniques.

Les résultats de cette étude clinique se sont malheureusement révélés négatifs. Les FOS ne sont pas cliniquement efficaces pour le traitement des poussées modérées de maladie de Crohn. Aucune différence significative n’a été observée dans l’amélioration des symptômes ou dans l’expression clinique de la maladie entre les patients ayant reçu les FOS et ceux ayant reçu le placebo.

Ces résultats ne signifient pas pour autant la mort des prébiotiques dans le traitement des MICI. Alors que les patients sont de plus en plus demandeurs de stratégies thérapeutiques non-pharmacologiques, la place des prébiotiques se situe peut-être dans le maintien des phases de rémission de la maladie et non pas dans l’induction de cette rémission. Cette piste de recherche devrait être explorée dans un futur proche.

 

Benjamin Bertin

 

Références :

Randomised, double-blind, placebo-controlled trial of fructo-oligosaccharides in active Crohn’s disease. Benjamin, JL et al., Gut (Online first, published on January 24, 2011).

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