Lancement de nouveaux programmes de recherche sur la flore intestinale
Nous hébergeons dans notre tube digestif plus de 1014 microorganismes, répartis en plusieurs centaines de bactéries différentes, virus et levures. Si ces bactéries ont un poids d'environ 1Kg pour un adulte, elles sont dix fois plus nombreuses que le nombre de cellules humaines et représentent plus de 95% des gènes présents dans notre organisme. Cette flore intestinale est propre à chaque individu, régulée par les gènes humains, l'alimentation, l'age, les modes de vie et le lieu géographique. On peut donc considérer l'homme comme un superorganisme capable d'héberger des bactéries qui lui permettent d'augmenter la diversité de son génome de plus de 100 fois.
Pour bien caractériser sur le plan moléculaire ces bactéries et leurs fonctions, plusieurs organismes de recherche américains, européens, chinois, canadiens et australien ont mis à disposition des fonds pour des appels d'offres sur le microbiome. Le programme européen MetaHit notamment, doté de 31 millions USD, a pour but de mieux comprendre les fonctions des bactéries de la flore digestive notamment au cours des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin. La complémentarité de tous ces projets et le niveau de leur dotation devraient permettre, dans un avenir proche, de mieux comprendre la fonction de ces microorganismes, analyser les critères à l'origine de la colonisation des bactéries dans notre tube digestif, rechercher les caractéristiques du microbiome « humain », et les moyens de le moduler pour en tirer des propriétés thérapeutiques.
(Mullard A. Nature 2008 ; 453 : 578-80)













